5 curiosités sur Napoléon

L’arrivée de Napoléon Bonaparte sur l’Île d’Elbe advint le 4 mai 1814 à Portoferraio et il est encore possible de voir l’endroit exact où le premier empereur français posa le pied sur l’île. Depuis lors et jusqu’au 27 février 1815, la vie de la communauté de l’Elbe fut transformée par la présence de Napoléon qui a laissé son empreinte partout. Dans l’attente de célébrer le bicentenaire de sa mort survenue le 5 mai 1821, découvrons cinq curiosités peu connues qui caractérisent le séjour du général sur l’île, entre conflits, projets visionnaires et légendes romantiques.

Une demeure dans chaque ville pour les nuits d’insomnies de l’Empereur

Napoléon dormait très peu, il paraît que 4 heures par nuit lui suffisaient. Il était passionné par la philosophie et les sciences, le jardinage et l’ingénierie. Pour satisfaire ses habitudes de studieux et de penseur, le général français fit en sorte d’avoir dans presque toutes les villes situées sur le parcours de ses déplacements, une demeure qui soit une sorte de repaire et un havre de paix.  On peut toujours visiter les villas disséminées dans toute l’île, et les appartements qui ont accueilli le passage tourmenté de Napoléon. Après une nuit sur l’île, l’empereur en exil désigna la « Palazzina dei Mulini » comme sa résidence principale. Faisant partie du dispositif défensif de la forteresse médicéenne, la villa est située entre le Fort Falcone et le Fort de la Stella. Elle tient son nom du fait de la présence, jadis, de moulins à vent. Napoléon aurait passé ici de nombreuses nuits à se promener dans le jardin, en méditant sa revanche. Pour sa résidence d’été, il fit aménager la Villa San Martino située dans l’arrière-pays de l’île. Cette demeure aurait dû être un nid d’amour à partager avec son épouse Marie-Louise qui cependant ne l’a jamais rejoint sur l’île.Peu de gens savent qu’en plus des célèbres Villas dei Mulini et de San Martino à Portoferraio, Bonaparte avait fait aménager des appartements dans les murs d’enceinte du Fort San Giacomo à Porto Azzurro. À Rio, à côté de l’actuel Musée du Parc Minier, s’élève une villa ancienne, autrefois palais du gouvernement, où Napoléon avait l’habitude de loger.


La ferme idéale : le projet vitivinicole de San Martino

On attribue à Bonaparte le mérite d’avoir institué la première appellation DOC de l’Elbe en reconnaissance de la qualité du vin Aleatico ; une découverte faite dans le “Privilège de l’Empereur”, un document mis au jour qu’on peut considérer comme une sorte de Dénomination d’Origine Contrôlée avant l’heure.La passion de Napoléon pour les vins est à l’origine d’un projet ambitieux durant son séjour sur l’Elbe avec la création d’une exploitation vitivinicole et d’une réserve de chasse aux alentours de San Martino où il fit planter de nombreuses vignes tout près de sa belle demeure, imaginant même deux étiquettes : le rouge Côte de Rio, s’inspirant de la couleur rouge des montagnes riches en minéraux, et le blanc Monte Giove qui rappelle le granite du sommet homonyme. Il calcula même avec précision combien de tonneaux il obtiendrait, calcul qui fut confirmé juste par la vendange de 1815 (à laquelle il n’a pu assister).

Documents secrets et fausse identité : le passeport de Madame Mère

À Portoferraio , parmi les documents conservés par les archives historiques de l’Île d’Elbe, se cache même le passeport avec lequel voyagea sous un déguisement Maria Letizia Ramolino, la mère de Napoléon Bonaparte, une dame de la noblesse italienne de Corse, appelée « Madame Mère ». Le matin du 2 août 1814, sous le faux nom de Madame De Pont, à presque 65 ans et vêtue très simplement, Madame Mère montait sur le pont du brick anglais Grasshoper ancré à Livourne, pour rejoindre son fils sur l’Elbe, prête à le soutenir aussi dans sa chute.

Les aventures du Théâtre des Vigilanti

Construit à Portoferraio à l’initiative de Napoléon qui fit pour cela transformer l’ancienne église « del Carmine » désacralisée, le Théâtre des Vigilanti est toujours actif aujourd’hui affichant chaque année une riche programmation de spectacles. Sa réalisation ne fut pourtant pas simple pour Napoléon qui, ne percevant ni le paiement des impôts malgré l’institution de la principauté, ni la pension promise par la France, rassembla les fonds nécessaires à sa réalisation, en mettant en vente les 65 loges du théâtre aux notables de la ville, déclenchant ainsi une course à l’achat chez tous ceux qui voulaient démontrer leur propre importance sociale. C’est d’ailleurs ici que la veille de la fuite de Napoléon qui advint le 26 février 1814, sa sœur Pauline organisa le bal du Carnaval, un peu pour masquer l’imminente précipitation des évènements, mais aussi pour permettre à son frère de saluer une dernière fois la société de Portoferraio.

La légende de la Vantina

Le séjour de Napoléon sur l’Île d’Elbe a inspiré de nombreux contes populaires qui se transmettaient de génération en génération dans les ruelles des bourgs de l’île. Parmi eux, la légende de la Vantina,  contée par les anciens sur les places de Capoliveri. Ici, à cause des impôts trop lourds prétendus par l’empereur en exil, une révolte éclata, poussant Napoléon à déployer ses troupes et une batterie de canons de douze livres, avec l’intention de raser la forteresse de Capoliveri. Que faire alors, sinon tenter de négocier ? On chercha donc le parfait candidat et tous désignèrent la jeune Vantina, splendide fille de Maître Vantini, à qui l’on confia le devoir de représenter et de sauver l’entière communauté. On raconte qu’un regard suffit pour toucher le cœur de Napoléon qui, convaincu par l’humilité et la gentillesse de la Vantina, décida de retirer ses soldats et d’épargner Capoliveri et ses habitants

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